Dans le monde des affaires actuel, l’imprévu est une constante. Qu’il s’agisse d’une panne de courant généralisée, d’un ransomware sophistiqué, d’une inondation imprévue ou même d’une simple erreur humaine, les incidents peuvent survenir à tout moment et menacer la stabilité de votre organisation.
Une étude récente indique que seulement 54 % des entreprises disposent d’un plan de reprise après sinistre à l’échelle de l’entreprise, un chiffre qui chute à 36 % pour les départements informatiques gouvernementaux. Ces données, établies en 2026, soulignent un manque criant de préparation face à des événements pourtant inévitables.
Ne pas être équipé d’un plan de reprise après sinistre (PRS) peut entraîner des conséquences dramatiques: pertes financières massives, interruption prolongée des services, atteinte à la réputation et non-conformité réglementaire. Un PRS n’est pas une option, mais une composante fondamentale de la résilience organisationnelle.
C’est une feuille de route opérationnelle qui vous permet de restaurer rapidement vos systèmes critiques, vos données et vos processus après un événement perturbateur. Cet article vous accompagne pas à pas dans la construction d’un PRS robuste, adapté aux enjeux technologiques et réglementaires de 2026.
Qu’est-ce qu’un plan de reprise après sinistre et pourquoi est-il incontournable?
Un plan de reprise après sinistre (ou DRP, pour Disaster Recovery Plan) est un document stratégique qui décrit les procédures précises à suivre pour restaurer les opérations après un événement majeur. Ce plan ne se limite pas aux seuls systèmes informatiques: il inclut également les données, les applications critiques, les infrastructures et les processus métier nécessaires à la continuité de l’activité.
Les menaces évoluent constamment. En 2026, les cyberattaques représentent plus de 68 % des incidents ayant conduit à une interruption majeure, selon les données de l’Observatoire national de la cybersécurité. Mais les risques physiques restent présents: inondations, incendies, tremblements de terre ou pannes de courant peuvent frapper à tout moment.
Un PRS vous permet d’anticiper ces scénarios et de réagir de manière structurée, plutôt que de paniquer en situation de crise.
Le principal objectif d’un PRS est de minimiser deux paramètres clés: le RTO (Recovery Time Objective) et le RPO (Recovery Point Objective). Le RTO correspond au temps d’arrêt maximal acceptable avant que l’impact ne devienne critique. Le RPO, quant à lui, représente la quantité de données que l’entreprise est prête à perdre, exprimée en durée (par exemple: 4 heures de données).
Ces objectifs doivent être définis en amont, en fonction de l’analyse des impacts sur les activités.
Évaluez votre niveau de préparation
Question 1: Votre entreprise dispose-t-elle d’un plan de reprise après sinistre documenté et testé?
Question 2: Où sont stockées vos sauvegardes de données critiques?

PRS et PCA: distinguer les deux piliers de la résilience
Il est fréquent de confondre le plan de reprise après sinistre (PRS) et le plan de continuité des activités (PCA). Pourtant, ces deux documents, bien qu’interdépendants, ont des rôles distincts. Le PCA vise à maintenir les opérations pendant la crise, tandis que le PRS se concentre sur la restauration après la crise.
Le PCA est un cadre global qui permet à l’entreprise de continuer à fonctionner, même de manière dégradée. Il inclut des procédures pour le télétravail, la gestion des ressources humaines en situation d’urgence, la communication avec les clients et les fournisseurs, ainsi que la priorisation des tâches critiques. Il est souvent mis en œuvre dès les premières minutes suivant un incident.
Le PRS, quant à lui, est un volet technique du PCA. Il décrit les étapes précises pour restaurer les systèmes informatiques, les bases de données, les réseaux et les applications. Il est activé une fois que l’entreprise a établi un certain niveau de stabilité opérationnelle.
Les deux plans doivent être alignés, avec des objectifs de récupération cohérents.
Étapes clés pour construire un PRS solide en 2026
La création d’un PRS efficace suit un processus structuré en plusieurs étapes. Chaque phase doit être soigneusement documentée et validée par les parties prenantes. Voici les éléments fondamentaux à intégrer.
1. Analyse des risques et évaluation des impacts (BIA)
La première étape consiste à identifier les menaces potentielles et à évaluer leur impact sur les activités. Cette analyse, appelée BIA (Business Impact Analysis), doit être menée en collaboration avec les départements clés: informatique, finance, opérations, ressources humaines.
Commencez par lister tous les scénarios possibles: cyberattaques, sinistres naturels, pannes d’équipement, erreurs humaines, crises sanitaires. Ensuite, évaluez l’impact financier, opérationnel et réputationnel de chaque scénario. Attribuez un niveau de criticité à chaque système ou processus.
Par exemple, un ERP ou un CRM peut être classé comme « critique », tandis qu’un outil de reporting interne peut être « important » ou « secondaire ».
2. Stratégies de sauvegarde et de récupération
La sauvegarde des données est le cœur du PRS. En 2026, les entreprises combinent souvent plusieurs méthodes: sauvegardes complètes, incrémentielles et différentielles. Le choix dépend du volume de données, de la fréquence des modifications et des objectifs RPO.
Les emplacements de stockage doivent être multiples et géographiquement dispersés. Une sauvegarde dans le cloud (comme avec un modèle de DRaaS) est aujourd’hui considérée comme indispensable. Elle permet une restauration rapide sans dépendre d’un site physique.
Assurez-vous que vos fournisseurs cloud proposent des SLA clairs sur la disponibilité et la récupération.
3. Infrastructures redondantes et haute disponibilité
Pour garantir un RTO court, les entreprises investissent dans des infrastructures redondantes. Cela inclut des serveurs miroirs, des équipements réseau de secours, des alimentations électriques ininterruptibles (onduleurs) et des générateurs.
Les technologies de virtualisation et les mécanismes de clustering permettent de basculer automatiquement en cas de défaillance. Le load balancing répartit la charge entre plusieurs serveurs, évitant ainsi un point de rupture unique. Ces solutions sont désormais accessibles même pour les PME grâce aux offres cloud.

Estimez vos besoins en reprise après sinistre
Calculateur d’objectifs de récupération
Estimez votre RTO et RPO en fonction de la criticité de vos systèmes.
Résultat:
4. Sites de secours: chaud, tiède ou froid?
En cas de perte de votre site principal, vous devez disposer d’un lieu où vos équipes peuvent reprendre le travail. Les modèles les plus courants sont:
- Site chaud: entièrement opérationnel, synchronisé en temps réel. Coût élevé, mais RTO quasi nul.
- Site tiède: infrastructure installée, mais données partielles. Nécessite quelques heures de configuration.
- Site froid: espace physique sans équipement. Coût bas, mais RTO long.
Le choix dépend de votre budget, de la criticité des opérations et de vos objectifs RTO. En 2026, le cloud remplace souvent les sites physiques, offrant une flexibilité et une scalabilité inégalées.
5. Communication d’urgence et gestion des parties prenantes
Une communication fluide est essentielle pendant une crise. Le PRS doit inclure une liste de contacts d’urgence mise à jour: équipe de gestion, responsables IT, services d’urgence, assureurs, fournisseurs clés, clients stratégiques.
Les canaux de notification doivent être multiples: e-mail, SMS, applications mobiles, plateformes de messagerie sécurisées. Des outils comme Everbridge permettent d’automatiser ces alertes et de suivre les accusés de réception. Préparez des modèles de messages pour différents scénarios.
6. Constitution d’une équipe de reprise dédiée
Un PRS ne peut fonctionner sans une équipe clairement identifiée et formée. Cette équipe doit inclure des représentants de l’informatique, de la direction, de la communication, des opérations et des ressources humaines.
Chaque membre doit connaître ses rôles et responsabilités: qui évalue les dommages? Qui active le site de secours? Qui communique avec les clients?
Organisez des sessions de formation régulières pour maintenir un haut niveau de préparation.
7. Tests, mises à jour et amélioration continue
Un plan non testé est un plan mort. Les tests doivent être réalisés au moins une fois par an, et plus fréquemment pour les systèmes critiques. Les scénarios doivent être réalistes: attaque de ransomware, perte de connectivité, sinistre local.
Après chaque test, faites un retour d’expérience pour identifier les points faibles et ajuster le plan. Mettez également à jour le PRS après tout changement majeur: migration cloud, nouveau logiciel, restructuration de l’organisation.
| Type de solution | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Sauvegarde locale | Accès rapide, coût maîtrisé | Vulnérable aux sinistres physiques |
| Cloud privé | Haute disponibilité, sécurisé | Coût d’abonnement élevé |
| DRaaS | Restauration rapide, gestion externalisée | Dépendance au fournisseur |

Questions fréquentes
Quelle est la différence entre RTO et RPO?
Le RTO (Recovery Time Objective) est le délai maximal d’indisponibilité acceptable. Le RPO (Recovery Point Objective) est la quantité maximale de données que l’entreprise accepte de perdre, exprimée en durée.
Quelle fréquence de test est recommandée pour un PRS?
Les tests complets doivent être effectués au moins une fois par an. Pour les systèmes critiques, des tests partiels peuvent être organisés chaque trimestre.
Le cloud remplace-t-il entièrement un PRS?
Non. Le cloud est un outil puissant pour la reprise, mais il ne dispense pas d’un plan complet. Les erreurs de configuration, les suppressions accidentelles ou les attaques ciblées peuvent affecter les environnements cloud.
Qui doit être impliqué dans la création du PRS?
L’équipe doit inclure des représentants de la direction, de l’informatique, des opérations, de la communication et des ressources humaines. La collaboration interfonctionnelle est essentielle.
Quel est le coût moyen d’une heure d’indisponibilité en 2026?
Selon les secteurs, ce coût varie fortement. Pour une entreprise moyenne, il peut atteindre 30 000 € par heure d’arrêt, selon une étude de l’ANSSI publiée en mars 2026.