09/01/2026

7–11 minutes

Comment rédiger les statuts constitutifs d’une société en 2026 ?

Camille Lefèvre

Comment rédiger les statuts constitutifs d'une société en 2026 ?

La création d’une entreprise est une étape charnière qui demande rigueur, anticipation et une compréhension fine des obligations juridiques. Parmi les formalités à ne pas négliger, la rédaction des statuts constitutifs se place au cœur du processus de constitution d’une société. Ces derniers, bien qu’abstraits au premier abord, sont en réalité le socle juridique de toute personne morale.

En 2026, les exigences légales sont claires, et les outils à disposition des entrepreneurs ont évolué pour offrir davantage de souplesse, sans pour autant réduire la nécessité d’une rédaction précise. Ce guide détaillé vous accompagne dans chaque phase de cette démarche, en vous offrant une vision complète des enjeux, des obligations et des bonnes pratiques.

Les statuts comme fondement juridique de la société

Les statuts constitutifs ne sont pas une simple formalité administrative, mais un acte juridique fondateur. Ils matérialisent l’accord entre les associés ou actionnaires sur les règles de fonctionnement de la société. Leur rôle est comparable à une constitution interne: ils établissent les droits, devoirs, pouvoirs et obligations de chacun au sein de la structure.

Sans eux, aucune société ne peut être immatriculée. Ils sont exigés par le Guichet Unique, qui centralise désormais toutes les demandes de création d’entreprise.

Dans certaines formes juridiques comme la SARL ou la SAS, les statuts doivent être signés par tous les associés et déposés en version numérique lors de la demande d’immatriculation. Tout écart par rapport aux mentions obligatoires peut entraîner un rejet du dossier. Il est donc crucial de comprendre que ces documents ne sont pas modifiables à la légère.

Leur contenu engage les parties dès la signature et reste opposable aux tiers une fois publiés.

Testez vos connaissances sur les statuts

Question 1: Quelle mention n’est pas obligatoire dans les statuts d’une SAS?

Les mentions obligatoires: ce que la loi exige

Quelle que soit la forme juridique choisie, la loi impose un socle de mentions incontournables. Leur absence ou mauvaise rédaction peut invalider les statuts. Ces mentions sont encadrées par le Code civil et le Code de commerce, et doivent toutes figurer clairement dans le document.

Tableau illustré des mentions obligatoires dans les statuts d

La dénomination sociale doit être unique et ne pas porter atteinte aux droits de tiers. Une vérification de disponibilité via l’INPI est fortement recommandée avant sa fixation. Le siège social détermine non seulement l’adresse administrative, mais aussi la juridiction compétente en cas de litige.

L’objet social doit être rédigé avec soin: il doit être précis, mais suffisamment large pour permettre des évolutions futures. Par exemple, un objet comme « conseil en stratégie digitale et formation en marketing en ligne » laisse plus de latitude qu’un objet trop étroit comme « création de sites vitrine pour les artisans ».

Les spécificités selon la forme juridique

Le choix de la structure juridique influence directement la rédaction des statuts. En 2026, la SAS et la SARL restent les formes les plus populaires, chacune avec ses particularités. La SAS offre une liberté statutaire quasi totale: les associés peuvent décider librement du fonctionnement interne, des pouvoirs du président, des clauses de gouvernance ou de cession d’actions.

Cette souplesse est un atout majeur pour les projets innovants ou les levées de fonds.

À l’inverse, la SARL est davantage encadrée. Certaines clauses, comme la clause d’agrément pour la cession de parts, sont quasi systématiques. Le gérant dispose d’un rôle central, et les règles de majorité en assemblée sont plus rigides.

Pour les entrepreneurs seuls, la SASU et l’EURL offrent des solutions adaptées, avec des statuts simplifiés, mais toujours soumis aux mêmes obligations de fond.

Élément SAS SARL
Liberté statutaire Très élevée Faible
Cession de parts/actions Clause facultative Clause d’agrément obligatoire
Rémunération du dirigeant Libre Encadrée
Fiscalité possible Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés Impôt sur les sociétés

Les clauses facultatives: sécuriser l’avenir

Au-delà des mentions légales, les associés peuvent inclure des clauses dites « facultatives » pour mieux adapter la gouvernance à leur projet. Ces clauses sont souvent plus importantes que les mentions de base, car elles préviennent les conflits futurs. Parmi les plus courantes, la clause de préemption donne aux associés un droit de priorité en cas de cession de parts.

La clause d’inaliénabilité interdit toute cession pendant une durée définie, souvent 5 à 10 ans, pour assurer la stabilité du capital.

La clause de sortie amiable permet à un associé de se retirer dans des conditions préétablies. Enfin, la clause de non-concurrence interne peut être incluse pour empêcher un associé de mener une activité concurrente au sein de la société. Ces clauses, bien qu’optionnelles, sont devenues des standards dans les projets à plusieurs associés ou à capital ouvert.

Le processus de modification des statuts

Les statuts ne sont pas figés dans le marbre. Une société évolue, et ses statuts doivent pouvoir l’accompagner. Un changement de siège social, d’objet social ou une augmentation de capital nécessite une modification formelle.

Ce processus passe par une assemblée générale extraordinaire (AGE), où les associés votent la modification selon les majorités prévues dans les statuts ou par la loi.

Processus visuel de modification des statuts d

Une fois la décision prise, un procès-verbal est rédigé, les statuts sont mis à jour, et une publication dans un journal d’annonces légales est obligatoire. Le dossier complet (statuts mis à jour, procès-verbal, attestation de parution) est ensuite déposé via le Guichet Unique. Ce processus, bien que standard, doit être mené avec rigueur pour éviter tout contentieux avec les tiers ou les administrations.

Les erreurs à éviter dans la rédaction

Plusieurs erreurs fréquentes compromettent la validité des statuts. La première est l’utilisation de modèles génériques sans adaptation. Un statut copié-collé depuis Internet peut ne pas correspondre à la réalité du projet ou à la législation en vigueur.

Une autre erreur est la rédaction trop vague de l’objet social, qui peut mener à des interprétations divergentes ou à une censure par le greffe.

Enfin, l’oubli de clauses de gouvernance claires peut créer des blocages décisionnels. Par exemple, ne pas préciser les pouvoirs du président ou les conditions de majorité pour des décisions stratégiques peut entraîner des paralysies en cas de désaccord. Il est donc essentiel de penser à long terme, même si le projet est encore à ses débuts.

Les professionnels à consulter pour une rédaction sereine

Si la rédaction en autonomie est possible, elle comporte des risques. Faire appel à un professionnel permet d’anticiper les pièges juridiques et fiscaux. Un avocat en droit des sociétés offre un accompagnement personnalisé, mais son intervention a un coût, souvent compris entre 800 € et 3 000 € selon la complexité du dossier.

Les plateformes juridiques en ligne comme LegalPlace ou Legalstart proposent des solutions plus accessibles, avec des modèles conçus par des avocats et des vérifications automatiques. Elles permettent de générer des statuts conformes pour un tarif moyen de 299 €. L’expert-comptable peut aussi intervenir, notamment sur les aspects fiscaux liés au capital ou à la rémunération des dirigeants.

Transmission des statuts au Guichet Unique

Depuis 2026, toutes les formalités de création d’entreprise passent par le Guichet Unique, géré par l’INPI. Ce système uniformise les démarches et réduit les délais d’immatriculation. Pour déposer les statuts, vous devez les télécharger au format PDF signé par tous les associés, accompagnés des pièces justificatives (pièces d’identité, justificatif de domicile, attestation de non-condamnation, etc.).

Interface de dépôt des statuts sur le Guichet Unique en 2026

Le système vérifie automatiquement la conformité du dossier. En cas d’erreur, une notification est envoyée, et vous disposez de 15 jours pour corriger les anomalies. Une fois validé, le dossier est transmis au greffe du tribunal de commerce, qui procède à l’immatriculation.

Le numéro SIREN est généralement délivré sous 72 heures.

Comment rédiger des statuts pour une SCI?

La Société Civile Immobilière (SCI) est un cas particulier. Elle a pour objet la gestion d’un patrimoine immobilier, et ses statuts doivent refléter cette spécificité. L’apport en nature (immeuble) est fréquent, et nécessite un commissaire aux apports si la valeur excède 30 000 €.

Le rapport de ce dernier doit être annexé aux statuts.

La répartition des parts détermine la part de propriété de chaque associé. Des clauses comme la clause d’indivisibilité peuvent être incluses pour empêcher la vente de parts sans accord unanime. Les bénéfices sont distribués selon la participation au capital, et la fiscalité peut être optimisée via le régime de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, selon les choix des associés.

Questions fréquentes

Qui peut rédiger les statuts d’une société?
Les associés fondateurs peuvent les rédiger eux-mêmes, ou faire appel à un avocat, un expert-comptable ou une plateforme juridique en ligne. Le choix dépend de la complexité du projet et du niveau de sécurité souhaité.

Les statuts d’une entreprise individuelle sont-ils obligatoires?
Non. L’entreprise individuelle, y compris la micro-entreprise, n’a pas de personnalité morale distincte. L’entrepreneur agit en son nom propre, et il n’est donc pas nécessaire de rédiger de statuts.

Puis-je modifier les statuts après la création?
Oui, mais cela nécessite une décision collective des associés, un procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire, et une publication dans un journal d’annonces légales. Le dossier mis à jour est ensuite déposé au Guichet Unique.

Quelle est la durée maximale d’une société?
La durée maximale d’une société est de 99 ans. Elle peut être renouvelée par décision des associés avant son expiration.

Que faire en cas de litige sur l’interprétation des statuts?
En cas de désaccord, les statuts servent de référence. Si leur rédaction est ambiguë, le tribunal de commerce est compétent pour trancher. Il est donc essentiel de rédiger chaque clause avec une grande clarté.

Les statuts doivent-ils être publiés?
Oui. Après création ou modification, les statuts sont publiés dans un journal d’annonces légales. Ils sont également accessibles au public via le registre du commerce et des sociétés (RCS).

Peut-on avoir plusieurs objets sociaux?
Oui, les statuts peuvent prévoir un objet social principal et des objets accessoires. Il est conseillé de lister les activités connexes pour éviter les interprétations restrictives.

Est-ce que les statuts peuvent prévoir un capital variable?
Oui, notamment dans les SAS ou les SA. Le capital variable permet des augmentations ou réductions automatiques sans décision d’assemblée, dans les limites fixées par les statuts.

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